Portrait de Hubert Mardi

Le portrait de Hubert, fondateur de Maison Mardi

Maison Mardi  est un studio d’art basé sur Paris dans le Marais. Les estampes d’Hubert sont réalisées à l’aide d’un pen-plotter ou traceur, rendant chaque tirage subtilement unique et d’une qualité supérieure. C’est en tombant sur la beauté simple, anguleuse et sombre du design scandinave qu’il a eu l’idée d’intégrer ses dessins dans des blocs noirs.
Photo by Nicolas Kalogeropoulos

Qui es-tu Hubert ?

Je m’appelle Hubert Mardi, je suis artiste peintre et dessinateur. J’habite et je travaille à Paris, mon atelier est basé dans le marais, à Saint-Paul. Mon style est minimaliste et neutre, les traits qui composent mes sujets, servent à mettre en forme un visage ou définir une silhouette. Les sujets, comme j’aime les appeler, vont des portraits aux statues en passant par les plantes et les nus. Dans une idée d’apporter de la singularité, je reproduis mes dessins sous forme d’estampes en tirages limités, à l’aide d’un assistant mécanique. Plus tard, en m’inspirant de l’esprit simple et efficace du design scandinave, il m’est venu l’idée d’intégrer mes dessins dans des compositions visuelles fortes et puissantes : les grands blocs noirs.

Quel a été ton parcours professionnel ?

Ma famille m’a encouragé à faire des études d’art. Je suis sorti diplômé de l’école Supérieur des Beaux-Arts de Nîmes. Cela n’a pas été fructueux, au sens où je n’avais aucune vision de l’après-école. J’ai voulu me lancer dans une carrière « d’artiste contemporain digital », sans succès. Mais c’est à cette époque où j’ai eu l’idée de dessiner avec un robot, et au même moment, je me suis tourné vers le style minimaliste dit du « Line Art ». Depuis, j’expérimente beaucoup et je fais évoluer ma technique et mes compositions, je questionne l’importance du geste et de l’unicité.
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À quel moment as-tu été attiré par l'art ?

J’ai toujours été attiré par l’aspect visuel des choses qui m’entourent. Les images et les formes que l’on distingue au quotidien nous racontent beaucoup d’histoires. Mais c’est surtout parce que j’avais des capacités dans le dessin que je me suis tourné vers les matières artistiques au collège. Avec l’impulsion de mes professeurs, je me suis ouvert à l’art et plus particulièrement au street art.
Maison Mardi - Processus
Photo by Nicolas Kalogeropoulos

As-tu le souvenir de ta première œuvre ?

C’est une question difficile. Je ne me rappelle plus de mes premiers dessins. En revanche, mes oeuvres qui ont eu le plus d’impact, ce sont des affiches que je collais à Dresde, pendant ma période Erasmus. C’était tout bête, je reprenais des figures de la culture populaire que je tirais en sérigraphie et en grand format. Je venais ajouter un détail amusant avec un pochoir sur chaque affiche les rendant uniques par cet ajout. Ces affiches ont été les prémices de mon projet actuel, même si visuellement ça n’a rien à voir.

Quelle est l'histoire de Maison Mardi ?

Maison Mardi est ma vitrine sur les réseaux sociaux. Mardi vient de mon surnom d’artiste à l’époque où je faisais du street art. Ça fait plus de 17 ans maintenant, et il ne m’a pas quitté. C’est un ami qui m’a suggéré de mettre maison devant mon nom, pour je cite « faire plus classe ».

Quel est le style de Maison Mardi ?

Mon style est minimaliste. Je suggère mes sujets avec des lignes. J’aime beaucoup ce côté simple et à la fois fragile dans les dessins que je produis. Mon champ de thématiques s’arrête à l’académisme, je ne suis pas très original là-dessus, mais ça me permet de ne pas m’éparpiller. C’est en tombant sur la beauté simple, anguleuse et sombre du design scandinave que j’ai eu l’idée d’intégrer mes dessins dans des blocs noirs. Tout est une histoire d’équilibre et de contraste. Mes dessins à l’aspect délicat se retrouvent renforcés dans des compositions puissantes et autoritaires.

Quel est le processus de création d'un portrait et d'une peinture ?

Tout d’abord, je fais une esquisse sur tablette. Je pioche mes sujets dans ma bibliothèque de dessins, à l’envie ou selon la demande du client. Le dessin est retravaillé dans le format pour couper certaines lignes, et aussi pour retrouver le même aspect graphique que dans mes peintures. Puis j’imprime ces estampes avec mon traceur ou « assistant mécanique » que je contrôle par ordinateur. Cette machine de précision manipule un crayon fusain pour tracer des lignes sensuelles sur du papier recyclé. L’idée derrière cette technique est « d’humaniser » mes dessins faits au départ sur tablette. En les couchant sur papier, je leur apporte du corps. Avec ce système on obtient de légers défauts d’impressions, grâce à des irrégularités contrôlées, rendant par définition chacune de mes estampes uniques et singulières.
Pour mes tableaux, j’oublie l’aspect mécanique pour me recentrer sur le geste humain. J’exécute mes tableaux toujours de cette manière : d’abord une esquisse sur tablette, ensuite je trace moi-même des sillons dans une masse de peinture fraîche. Par cette technique basique, je questionne le geste et l’imperfection. Les traits ne sont jamais droits, toujours un décalage, une sortie de route, un trait plus épais… Du fait que je mets beaucoup de peinture pour pouvoir tracer ces rigoles, l’aspect final de mon tableau apparaît comme imparfait et rugueux.
Photo by Nicolas Kalogeropoulos
MAISON MARDI
MAISON MARDU

Un prochain projet pour Maison Mardi ?

Aujourd’hui je continue d’expérimenter et de faire évoluer mes compositions. Pour éviter de tomber dans la lassitude, j’applique des touches de couleurs, je m’essaye aux blocs blancs… Je voudrais aussi me tourner de plus en plus vers de très grand format, pour exploiter au mieux toute la surface du tableau, en y intégrant beaucoup de sujets.
Portait Maison Mardi
Photo by Nicolas Kalogeropoulos
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